
Je suis Caroline, passionnée de mode et de seconde main, et aujourd’hui je pousse un cri du cœur. J’ai reçu une newsletter de Real Authentication, une entreprise américaine qui prétend certifier l’authenticité de plus de 170 marques de luxe… en 24 heures, à partir de simples photos. Et là, je dis stop. Il faut garder un minimum de bon sens.
🔍 1. Une prétendue expertise fondée sur… très peu: le cas Real Authentication
Les deux cofondatrices, Anastacia Black et Jenna Padilla, ont certes travaillé dans le retail de luxe, mais leur expérience reste limitée : quelques années dans des boutiques de seconde main, puis dans une plateforme de revente en ligne. Elles ont fondé Real Authentication en 2016, et depuis, elles se présentent comme des “expertes mondiales” capables d’authentifier tout, partout, tout le temps.
Mais peut-on vraiment parler d’expertise quand on confond deux notions fondamentales ?
⚠️ Confusion entre authenticité et conformité

L’authenticité, c’est prouver qu’un objet est bien ce qu’il prétend être — un sac Chanel véritable, par exemple.
La conformité, c’est vérifier que l’objet respecte les standards de fabrication d’une marque — ce qui peut varier selon les années, les collections, les pays.
Or, Real Authentication prétend certifier l’authenticité à partir de photos, sans accès physique à l’objet, en se basant sur une “base de données propriétaire” et des “experts mondialement reconnus”. Mais comment juger de la qualité d’un cuir, du poids d’un bijou, ou de l’usure d’une semelle… à travers une image ?
🧦 L’absurde jusqu’au prêt-à-porter porté et au linge de maison

Le sommet de l’absurde ? Ils certifient aussi des vêtements déjà portés, des chaussures usées, des oreillers, des couvertures, et même de la verrerie. Oui, vous avez bien lu : des verres et des coussins peuvent être “authentifiés” par intelligence artificielle.
On est loin du sac Hermès ou de la montre Rolex. On entre dans une logique de certification industrielle, où tout devient “authentifiable” — même ce qui n’a jamais été conçu pour l’être.
🤖 L’intelligence artificielle comme argument marketing

Real Authentication se vante de combiner “expertise humaine” et “technologie propriétaire”. Mais dans les faits, leur système repose sur l’analyse d’images, parfois complétée par un “avis supplémentaire” d’un autre expert, en option payante.
Ce n’est pas de l’intelligence artificielle au sens noble du terme, c’est de la reconnaissance visuelle assistée. Et surtout, c’est une promesse de rapidité qui va à l’encontre de la rigueur nécessaire à toute expertise sérieuse.
🔍 2. Quand l’intelligence artificielle certifie l’absurde : le cas Entrupy
Je suis outrée. Oui, outrée. Et je pèse mes mots. Car il y a des jours où l’intelligence artificielle ne se contente pas d’être défaillante : elle devient complice. Complice d’un système qui, sous couvert de technologie, valide l’invalide, certifie le contrefait, et maquille l’absurde en vérité algorithmique.
🤯L’absurdité engendre l’absurde: le mystère des algorithmes

Le cas Entrupy est emblématique. Cette entreprise, censée être le parangon de l’authentification de luxe, s’est retrouvée au cœur d’un scandale grotesque : des sacs Lady Dior contrefaits, mais munis de certificats d’authenticité… délivrés par Entrupy elle-même. Oui, vous avez bien lu. Des faux, certifiés vrais. Et pas des faux grossiers, non. Des “hybrid fakes”, savamment construits à partir de morceaux authentiques, comme des Frankenstein de la maroquinerie. Le tout validé par une IA qui, visiblement, confond cuir exotique et cuir embossé comme moi je confondrais un homard avec une agrafeuse.
🤥La mauvaise foi, noyée dans un tas de procédures reconventionnelles

Inspirée par l’enquête remarquable de Noëmie Leclercq pour Glitz Magazine, je ne peux que m’interroger : comment une technologie aussi avancée peut-elle se faire berner par des détails aussi grossiers ? Et surtout, comment Entrupy ose-t-elle se justifier avec une telle mauvaise foi ? “Nous ne contrôlons pas les inventaires de nos clients”, disent-ils. Ah bon ? Mais vous leur donnez des certificats, non ? Vous les labellisez “Entrupy Verified Businesses”, non ? Alors à quel moment assumez-vous votre rôle dans cette mascarade ?
Et ce n’est pas tout. Quand les failles sont exposées, Entrupy ne reconnaît pas ses torts. Elle lance des “investigations”, propose des “procédures de litige”, et surtout, elle enrichit son système avec “de nouvelles données”. Autrement dit : elle apprend sur le tas, après avoir laissé passer des dizaines de faux à plus de 10 000 euros pièce. Bravo l’IA. On applaudit.
🪞3. Prenons du recul!

Ce qui me glace, c’est que cette technologie, censée nous protéger, devient un alibi. Un bouclier derrière lequel les agences se retranchent pour ne pas répondre de leurs erreurs. L’intelligence artificielle n’est plus un outil : elle est devenue une excuse. Et ça, c’est non.
Le marché de la seconde main est en péril. Oui, de tout temps, il a reposé sur un pilier essentiel : la confiance. Et quand on voit comment les contrefaçons s’infiltrent, maquillées sous couvert de certificats d’authenticité bidons, je me demande : comment accorder foi aux plateformes de revente ? Ces mêmes plateformes qui, hier encore, étaient le refuge des bonnes affaires et des pièces vintage certifiées, se retrouvent désormais à naviguer dans des eaux troubles, où la méfiance est reine.
Et que dire de ces acheteurs floués, qui déboursent des sommes astronomiques pour s’offrir un rêve, et se réveillent avec une vulgaire contrefaçon ? La désillusion est totale, et la confiance, elle, s’effrite.
Il est impératif que les acteurs du marché prennent leurs responsabilités. Car si l’absurde devient la norme, c’est tout un pan de l’économie circulaire qui risque de s’effondrer. À quand une véritable révolution de l’authentification, qui ne se contenterait pas de lire des zéros et des uns, mais saurait aussi déceler la passion, l’histoire et l’âme qui se cachent derrière chaque pièce de luxe ? À méditer.
Ce qui est profondément désolant, c’est de voir des vendeurs professionnels, s’adosser à de véritables experts, être déboutés de façon aberrante par ces machines. Imaginez, ces vendeurs qui, forts de l’appui d’experts qui connaissent la qualité intrinsèque des produits, opèrent avec rigueur et transparence depuis des décennies. Ils se retrouvent pris dans une danse folle et absurde. Une semaine, leurs produits sont validés par l’IA ; trois mois plus tard, les mêmes produits sont rejetés. C’est une valse à l’envers où la crédibilité vacille. L’intelligence artificielle, manipulable à souhait, devient un obstacle pour ceux qui travaillent proprement. Il est grand temps de souligner ces défaillances et de repenser notre confiance en ces systèmes.





















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