Qu’est ce que la technologie RFID dans le luxe?

Le RFID (Radio Frequency Identification) est une technologie utilisée pour l’identification et le suivi d’objets grâce à des ondes radio. Pour les sacs de luxe, cette technologie est principalement utilisée pour assurer l’authenticité, le suivi et la gestion de l’inventaire des produits.

Voici un aperçu du fonctionnement du RFID dans le contexte des sacs de luxe :

1. Composants RFID

Un système RFID est composé de deux éléments principaux :

  • L’étiquette RFID (ou tag) : Un petit dispositif électronique, souvent intégré directement dans le sac ou ses accessoires (comme une étiquette, un fermoir ou une carte d’authentification). Cette étiquette contient une puce mémoire qui stocke des informations uniques liées au produit (numéro de série, date de fabrication, matériaux, etc.).
  • Le lecteur RFID : Un appareil qui émet des ondes radio pour détecter l’étiquette RFID. Il peut être intégré dans un magasin, un entrepôt ou utilisé par des autorités pour authentifier le produit.

2. Fonctionnement

  • Identification : L’étiquette RFID intégrée dans le sac de luxe contient des informations spécifiques au produit. Ces données sont lues à distance par un lecteur RFID sans qu’il soit nécessaire d’avoir un contact physique direct.
  • Authentification : Les marques de luxe utilisent ces étiquettes pour vérifier l’authenticité des sacs. En scannant le tag RFID, il est possible de retrouver toutes les informations relatives à l’origine du produit, son processus de fabrication et son parcours de distribution. Cela aide à lutter contre la contrefaçon.
  • Suivi et gestion de l’inventaire : Les magasins et entrepôts utilisent le RFID pour un suivi précis des produits en stock. Cela permet une gestion optimale des inventaires et simplifie le processus de vente.

3. Avantages pour les sacs de luxe

  • Lutte contre la contrefaçon : En intégrant un tag RFID, les marques de luxe peuvent prouver l’authenticité de leurs produits. Le tag permet également de vérifier le produit tout au long de sa chaîne d’approvisionnement.
  • Suivi précis : Le RFID facilite le suivi des sacs de luxe tout au long de leur cycle de vie, de la fabrication à la vente.
  • Expérience client améliorée : L’utilisation du RFID peut également améliorer l’expérience d’achat en permettant un service plus rapide et plus fluide. Par exemple, lors d’une vente, le sac peut être scanné pour afficher des informations supplémentaires sur le produit.

4. Challenges

  • Coût : L’intégration du RFID dans chaque produit représente un coût supplémentaire pour les fabricants de sacs de luxe.
  • Protection des données : Bien que le RFID soit pratique, il peut aussi poser des préoccupations en matière de confidentialité et de sécurité des données. Il est donc essentiel d’avoir des systèmes de protection solides.

En résumé, le RFID dans les sacs de luxe permet d’assurer une gestion efficace de l’inventaire, de garantir l’authenticité des produits et de faciliter leur suivi tout au long de leur cycle de vie. C’est un outil puissant pour les marques souhaitant renforcer la sécurité de leurs produits et offrir une meilleure expérience à leurs clients.

L’exemple Louis Vuitton:

En début d’année 2021, Louis Vuitton supprime les numéros de série de certains de ses articles, afin d’intégrer une micro-puce RDFI (radio fréquence identification). Celle-ci est cousue à l’intérieur du sac lors de sa fabrication, indétectable au touché, car elle est aussi fine qu’une feuille de papier. Elle donne des informations concernant la traçabilité du produit :

  • La matière (provenance).
  • Référence produit.
  • Lieu de fabrication.
  • Date de fabrication.

A toute chose positive existe son négatif.

A mon sens 3 écueils sur cette technologie, outre qu’elle contrevient aux RGPD, et c’est pour celà qu’elle ne s’est pas tant démocratisée que cela:

  • On ne peut révéler dans le métier de la seconde main l’identité du client vendeur

Dans le cadre du vendeur particulier, ce sont les règles de base de cette corporation.

A une autre échelle, pour les grossistes ( dits wholesellers), il est impossible d’ajouter un traceur relatant l’historique de la pièce.

D’une part, il est irréaliste de l’envisager, ces professionnels sourceurs chinant sur des canaux divers tel que : dépôt-vente, ventes aux enchères, outlets, magasins d’usine, mégastructures wholesale.

D’autre part, cela reviendrait à exiger un historique dès l’origine de la première transaction sur l’objet, et celà aucun professionnel ne s’y attardera, et celà serait un outil de renseignement source qu’aucun wholeseller ne voudra partager.

Actuellement beaucoup de professionnels et semi-professionnels s’attachent à demander et à laisser les factures d’achat originelles, comme une preuve d’authenticité absolue, et de traçage. Mais ceci est une erreur!

Cela permet au client acheteur seconde main, muni du numéro de la transaction figurant sur le document, d’aller faire lui-même l’enquête auprès de la Maison mère, au risque de créer un beau scandale.

Il m’est arrivé, dans ma carrière, concernant la vente d’un sac Hermès, pièce accessible difficilement, que le client final, muni de la facture d’achat, dont le nom du client originel ainsi que son adresse avaient été masqués, de courir ventre à terre chez Hermès et de demander la vérification du document, sur lequel apparaissait …Le numéro de la transaction!

Ce numéro étant rattaché au compte client, autant vous dire que le vendeur initial, donc l’acheteur en titre, a été promptement black listé de la Maison. L’intermédiaire professionnel a perdu dans cette histoire et son vendeur et son acheteur.

Avec la technologie RFID, l’accès à ces données est donc masqué. Mais le fait qu’elle soit lisible chez les revendeurs ne veut pas signifier que le produit soit authentique ou régulier.

  • Une puce RFID qui est détectée n’est pas forcément une preuve d’authenticité.

Comme toute technologie la réplication est possible, le codage également.

A nouveau nous parlons de DATAS, manipulables par tout expert informatique et codable à l’infini.

Il est donc très facile de coder sur la base d’un existant réellement édité par une Maison, et de placer ces réplications dans des sacs, peut-être eux- mêmes répliqués.

Le professionnel de seconde main, particulièrement celui qui cache derrière l’IA son non-savoir-faire, n’y verra que du feu. Ca bipe, c’est bon! Et bien non…Le contrôle humain est dans tous les cas nécessaire, renforcé par les outils à ce jour à sa disposition.

Voici un exemple de logiciel téléchargeable en open source, qui permet la duplication d’une puce:

  • Une puce RFID n’est pas une preuve de régularité

La régularité n’est pas l’authenticité. Dans le métier de seconde main, régularité est le pendant de…recel!

Actuellement beaucoup de sacs, sortis par cambriolage, effraction, vol interne, sont donc parfaitement réguliers.

Aucun doute sur leur authenticité ( vu la provenance) et la pièce réagit parfaitement au lecteur RFID… Et pour cause.

Oui mais? Savez-vous réellement comment la pièce est arrivée à votre comptoir? Une facture ? …dupliquée, photoshoppée ou récupérée dans les poubelles de conciergerie d’hôtel de luxe… Et je vous assure qu’il n’y a aucune liste publique partagée, rescensant les pièces dérobées auprès des professionnels de la seconde main. Les plus éclairés comprendront pourquoi d’ailleurs!

L’exemple des pièces volées, toutes pucées chez Louis Vuitton fin 2024

https://www.cnews.fr/faits-divers/2024-09-30/paris-la-boutique-louis-vuitton-de-saint-germain-des-pres-cambriolee-une

  • Il n’y a pas d’unicité de fonctionnement dans la technologie RFID

Chaque acteur du marché développe son propre codage sur sa propre technologie, dont la racine est la RFID.

Ce qui signifie qu’il n’y a pas de lecteur commun, de fichier commun, ou de contenu d’informations commun.

Même si vous êtes aguérri au codage d’une Maison, celui d’une autre vous déroutera, et comment saurez-vous, devant les informations affichées, s’il s’agit de vraies informations?

Voici un exemple d’affichage sur un produit test, ils’agit ici d’un portefeuille Vuitton, vous constaterez que les informations à l’écran n’indiquent rien, ni sur la marque ni sur le produit:

En conclusion

Pour conclure, je dirais que nous sommes aux balbutiements d’une technologie, laquelle, comme les conformités faites par IA sur photos micro et macro, n’est pas du tout fiable.

Son champ d’action est limité.

Elle s’oppose à de nombreux droits imprescriptibles, et tant qu’aucune unicité entre marques ne sera faite, il ne sera pas possible de se reposer dessus.

Le savoir-faire humain reste la pierre d’angle de la seconde main.

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